Mon chien d’abord… et moi après

Mon chien d’abord… et moi après

Quand on veut tout bien faire pour son chien au point de s’oublier un peu

Cher toi,

Aujourd’hui, j’avais envie de t’écrire une lettre un peu différente. Une lettre plus douce, plus vraie, peut-être même un peu plus vulnérable.

Parce qu’il y a quelque chose dont on parle peu, mais que je crois profondément ,aimer son chien très fort peut parfois venir avec une immense pression.

Et cette pression, je la connais.

Je la connais parce que moi aussi, je veut tellement bien faire. Moi aussi, j’ai déjà eu ce réflexe de vouloir tout prévoir, tout comprendre, tout choisir comme il faut, tout faire correctement. Comme si aimer mes chiens demandait de ne jamais me tromper.

Avec Maggie, Molly et Lucky, j’ai appris énormément. Pas comme une experte. Pas comme quelqu’un qui a toutes les réponses. Mais comme une personne qui aime profondément ses chiens et qui essaie, chaque jour, de leur offrir le meilleur avec son cœur.

Et puis il y a Bailey.

Perdre Bailey a laissé quelque chose en moi qui ne partira jamais . Cette perte-là ma changé  elle a changé ma façon de voir la sécurité, ma façon de regarder les détails, les risques, les choix qu’on fait pour eux. Elle a aussi laissé une trace plus silencieuse ,celle de vouloir encore plus protéger, encore plus prévenir, encore plus bien faire.

Et parfois, quand on aime avec tout ça en soi, on finit par porter beaucoup.Peut-être trop.

Alors si toi aussi, tu vis avec cette impression de toujours devoir bien faire pour ton chien cette lettre est pour toi.

Peut-être que tu te reconnaîtras dans ce que je vais te dire.

Peut-être que toi aussi, tu te poses mille questions.
Tu te demandes si tu fais assez.
Si tu réponds bien à ses besoins.
Si tu choisis les bons produits.
Si ses promenades sont suffisantes.
Si son quotidien est assez riche.
Si tu es assez présent.
Assez patient.
Assez attentif.
Assez bon.

Et à force de vouloir être tout ça pour lui, peut-être que tu t’oublies un peu toi-même.

Je pense qu’il y a beaucoup de personnes qui aiment leur chien énormément, mais qui vivent cet amour avec une petite tension constante dans le cœur. Comme si elles avaient toujours quelque chose à améliorer. Quelque chose à corriger. Quelque chose à faire mieux.

Comme si aimer voulait dire ne jamais relâcher.

Mais tu sais ! aimer son chien ne devrait pas devenir une course à la perfection.

Ton chien n’a pas besoin d’un humain parfait.

Il n’a pas besoin de quelqu’un qui réussit tout, qui pense à tout, qui anticipe tout, qui ne fatigue jamais, qui ne doute jamais, qui ne se trompe jamais.

Il a besoin de toi , avec ton amour, tes bonnes intentions, tes efforts sincères,
De toi, même dans les journées plus lourdes ou tu n’as pas tout réussi comme tu l’aurais voulu.

Je crois sincèrement qu’on oublie parfois à quel point nos chiens vivent la relation autrement que nous. Eux, ils ne comptent pas tout ce qu’on fait bien ou mal. Ils ressentent notre présence, notre énergie, notre lien. La sécurité qu’on devient pour eux. Les habitudes qu’on construit avec eux. Les petits gestes répétés qui finissent par dire je suis là, et tu comptes pour moi.

Et ça, c’est immense.

Je te dis ça parce que je sais à quel point on peut devenir exigeant avec soi-même quand on aime fort.

On peut culpabiliser pour des choses tellement petites.
Pour une journée moins active, un moment d’impatience,une fatigue qu’on n’a pas choisie,
 une promenade écourtée ,pour un doute ,pour une erreur,pour le simple fait de ne pas être au maximum tout le temps.

Mais être un bon humain pour son chien, ce n’est pas être au maximum en permanence.

C’est être là, avec constance, avec amour, avec honnêteté. C’est apprendre. C’est ajuster. C’est recommencer , c’est faire de son mieux avec ce qu’on a, avec l’énergie qu’on a, avec la réalité qu’on porte et parfois, faire de son mieux, ça ressemble aussi à ralentir.

À faire plus simple, respirer un peu, arrêter de vouloir tout optimiser.
À se rappeler qu’une relation belle et profonde ne se construit pas seulement dans les grandes choses, mais aussi dans les plus ordinaires.Une main posée doucement,un regard,
une routine rassurante, un moment de calme ensemble, une présence fidèle.

Je crois qu’il faut se le redire plus souvent ,prendre soin de toi fait aussi partie de prendre soin de ton chien.

Parce qu’un humain épuisé par la pression, la culpabilité ou le besoin de tout bien faire finit lui aussi par porter quelque chose de trop lourd. Et ce n’est pas dans l’épuisement qu’on crée les liens les plus doux. Ce n’est pas dans l’autocritique constante qu’on aime le plus justement.

Tu as le droit de souffler.
Tu as le droit de ne pas tout maîtriser.
Tu as le droit de faire simple.
Tu as le droit d’avoir des journées imparfaites.
Tu as le droit d’exister, toi aussi, dans cette relation.

Je pense qu’on gagnerait tous à se parler avec la même tendresse que celle qu’on offre à nos chiens.

Parce que soyons honnêtes, on est souvent beaucoup plus doux avec eux qu’avec nous-mêmes.On leur pardonne leurs maladresses, leur trop-plein d’émotions, leurs journées plus difficiles, leur rythme et leurs besoins.

Mais nous ? On se demande souvent d’être irréprochables.

Et pourtant, toi aussi, tu mérites de la douceur.

Alors aujourd’hui, j’avais juste envie de déposer ça dans ton cœur 

Tu n’as pas besoin de t’oublier pour aimer ton chien comme il mérite d’être aimé.
Tu n’as pas besoin de t’épuiser pour prouver ton dévouement.
Tu n’as pas besoin d’être parfait pour être profondément important dans sa vie.

Ton chien a besoin de ton amour, oui.
Mais cet amour-là peut respirer.
Il peut être simple.
Il peut être imparfait.
Il peut être humain.

Et il peut quand même être magnifique.

Si tu te mets beaucoup de pression en ce moment, j’espère que cette lettre t’aidera à relâcher un peu. Pas tout d’un coup, peut-être. Mais juste assez pour te rappeler que tu fais probablement déjà bien plus que tu ne le crois.

Et que dans les yeux de ton chien, tu es peut-être déjà exactement ce dont il avait besoin.

Avec douceur,

La Patte au Cœur

Retour au blog